Trine 2: Complete Story

trine2banner

À toutes fins utiles, je rappelle que je joue sur PlayStation 4 à la version Complete Story qui compile Trine 2 et son DLC, Goblin Menace. Vous verrez que cela a une importance dans mon ressenti sur le jeu au global.

Du peu de souvenir que j’ai du premier épisode, Trine était un puzzle-game assez envoûtant, avec une atmosphère de conte de fée sympathique. Narré par un vieux, mystérieux bien évidemment, on suivait les aventures d’une archère, d’un magicien et d’un chevalier au travers de puzzles donc, se basant essentiellement sur la physique du jeu. L’archère pouvait user d’un grappin pour se balancer de planche en planche. Le magicien pouvait faire apparaître des caisses et bouger des objets à distance. Quant au guerrier, il pouvait se protéger des éboulis et autres crachats de feu grâce à son bouclier ou encore attaquer un peu plus violemment que l’archère. Que faire donc avec cette suite, si ce n’est reprendre la même formule et trouver de nouveaux décors faisant rêver et de nouveaux puzzles plus complexes à résoudre ? Eh bien tout gâcher par des idées saugrenues.

Trine 2: Complete Story_20140918154503

Ce n’est pas artistiquement que j’aurais des griefs quelconque contre le jeu. Les décors sont toujours splendides. La direction artistique a cependant pris un virage encore plus saturé. Les couleurs sont plus pops que jamais et cela pourra en déranger certains. Pour ma part, j’ai trouvé cela réussi et ait juste mitraillé le bouton share à pratiquement chaque nouvel environnement, d’autant que le moteur graphique est toujours très maîtrisé. Le bois éclairé par le soleil couchant, la crypte en pleine nuit, les égouts dégoulinantes de matière verte, l’intérieur d’un monstre gigantesque ; on a le droit à peu près tout et n’importe quoi et c’est assez réussi. Musicalement, rien d’exceptionnel, mais la bande-son et les doublages font leur office. « Jusque là, pas d’embrouille ».

Trine 2: Complete Story_20140918154714

Trine 2: Complete Story_20140918161929

Trine 2: Complete Story_20140919134504

Trine 2: Complete Story_20140922142634

La direction artistique est variée et plutôt éclatante de couleurs.

Puis arrive le moment de jouer et là les ennuis commence. Au premier abord, on a la sensation de rejouer au premier avec de nouveaux niveaux, ce qui est peu ou prou ce que l’on recherche quand on lance le second épisode de ce genre de jeu. C’est agréable à prendre en main, malgré la mollesse des sauts. Pourtant on se rend rapidement compte que les puzzles, loin d’être très ingénieux en faisant usage des trois personnages, se contentent très souvent de mettre en avant un seul des protagonistes : le magicien. Pendant la première partie de Trine 2 (les 13 premiers chapitres donc) on n’utilise pratiquement que les deux pouvoirs de ce derniers, empilant les caisses ou posant des planches pour avancer. On débloquera donc rapidement, en montant de niveau, la possibilité de faire apparaître deux, trois puis quatre objets en même temps, des planches en plus des boites et c’est ainsi qu’on progressera sans trop réfléchir sur beaucoup de puzzle. Et puis on va se prendre d’un coup un puzzle frustrant comme rarement.

Trine 2: Complete Story_20140920114859

Pendant la première moitié (voire plus) du jeu, on réglera la plupart des problèmes en empilant des trucs avec le magicien…

Comme le jeu dispose d’un système level-up, il laisse le soin au joueur de choisir quel pouvoir il veut débloquer et donc lequel lui semble le plus utile. Le souci immédiat avec cela, c’est que certains puzzles sont pratiquement irréalisables sans un pouvoir particulier dont on aura pas eu l’utilité plus avant. De plus, cela casse complètement l’idée d’une architecture maîtrisé puisque les développeurs ont du plus ou moins composer avec l’idée que le joueur pourrait ne pas avoir tel ou tel pouvoir pour passer tel ou tel puzzle.

Trine 2: Complete Story_20140920162430

…tandis que par la suite, certains puzzle ne pourront être résolus sans crise de nerf qu’avec un pouvoir particulier. En l’occurrence, bonne chance pour passer sans le sprint du chevalier ou la planche du magicien.

Autre problème récurrent de Trine 2, les combats ne sont qu’une plaie, cassent le rythme et ne sont source que de frustration en plus de n’avoir aucun challenge. On se fait parfois agresser par une horde de gobelins ; une seule tactique, sortir le chevalier et tapoter attaque comme un sourd, avec la masse pour que cela prenne moins de temps et en cas de mort du chevalier, se laisser tuer les deux autres personnages pour revenir finir le travail. Pire, les araignées qui tuent en un coup, peuvent monter aux murs et s’en prenne au joueur souvent lors de phases de plateforme. Les dragons sont la forme volantes des araignées et sont encore plus exaspérants car plus solides bien qu’un peu moins destructeurs. Un dernier mot sur les mini-boss chiants à mourir. Ces combats s’apparentent à du Benny Hill où l’on court d’un bout à l’autre de la salle où l’on est enfermé en frappant de temps à autre le boss pendant qu’on est dans son dos. Long et inutile. Seuls les deux boss de fin (du jeu et du DLC) sont assez sympathiques et demandent un minimum de réflexion et de doigté.

Il ne me reste qu’à aborder le vrai problème du jeu, celui qui le rend horriblement usant : Trine 2 est trop long. Le jeu de base fait aisément ses huit à neuf heures, ce qui pour ce genre d’expérience est bien trop épuisant. Le pire, c’est qu’en démarrant le jeu, je ne savais pas que le DLC était dans la foulée. Arrivée à la fin du jeu normal, après avoir battu le boss final, quelle ne fut pas ma surprise de voir Trine 2 continuer et embrayer sur une autre histoire…En ajoutant Goblin Menace, on ne fait que se rajouter un peu de souffrance et peu de plaisir.

C’est très dommage. Trine 2 a des moments amusants, ça ne fait aucun doute. La base solide du premier jeu est toujours là. La patte visuelle est toujours chatoyante. Malheureusement, le système de compétences à débloquer de manière libre n’apporte que des ennuis sur le long terme, les combats forcés sont passablement agaçants et la longueur du jeu ne fera que mettre ses défauts en exergue, là où une expérience plus courte siérait bien mieux au type de jeu voulu. Je ne déconseillerais pas Trine 2 pour autant, simplement préparez vos nerfs. Pour une moitié de jeu plaisante, il faut trimer sur l’autre moitié.

trine2banner2

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s